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Derrière ce petit bonhomme au trait simple et précis se cache Guy Delisle, dessinateur et animateur de profession. Ses début dans le 9ème commence en 1996 par Réflexions chez l’Association, que je n’ai pas encore eu l’occasion d’avoir entre les mains. Puis il fait son trou avec son roman graphique Aline et les autres, où il aborde les rapports des femmes en 26 portraits d’Aline à Zoé. L’organisation des planches en 15 cases muettes et régulières a tendance à nous rappeler la pellicule d’un film et cette originalité dans l’approche du thème fait déjà de lui un auteur à suivre avec attention.

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Aline et les autres © Guy Delisle / L’Association.

 

Mais Guy Delisle est aussi et surtout un mari et un père de famille, un rôle qui sera une grande source d’inspiration pour la plupart de ses publications. Il revient régulièrement sur toutes ces petites choses au quotidien qui font la vie d’un parent. Il est véritablement un auteur que l’on peut lire en toutes occasions. Il aborde les sujets avec une grande simplicité mais toujours avec beaucoup de talent. Le Guide du Mauvais Père (2013 et 2014 pour le 2ème tome, chez Delcourt) est, par exemple, une petite BD qu’on pourrait glisser dans notre poche comme n’importe quel guide, parfait pour l’avoir toujours sous la main et pouvoir ouvrir une page en toute occasion.

Tout ça l’a emmené à beaucoup voyager, aboutissant aujourd’hui à quatre récits de voyages. Son boulot d’illustrateur l’a tout d’abord emmené en Chine et en Corée du nord donnant Shenzhen (2000) et Pyongyang (2003), tout les deux chez l’Association.
Puis c’est en suivant sa femme qui travaille pour médecin sans frontière, qu’il part plusieurs mois en Birmanie et à Jérusalem. Sortent alors, chez Delcourt cette fois, Chroniques birmanes (2007) et Chroniques de Jérusalem (2011) qui a d’ailleurs obtenu le Fauve d’or du festival d’Angoulême en 2012.
Dans ses carnets, il nous entraine pour nous faire découvrir l’endroit à travers son regard candide. Avec Shenzhen, il utilise des crayons de cire qui donne un aspect gras aux dessins, représentant une Chine qui semble sale et crasseuse. Puis son dessin est de plus en plus épuré et même s’il passe chez Delcourt, il ne passe pas aux couleurs pour autant. Les teintes utilisées sont choisit pour rester au plus possible fidèle à l’ambiance générales des villes.

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Shenzhen © Guy Delisle / L’Association.

Alors que les deux premiers tomes apparaissent vraiment comme un carnet de voyage avec une certaine linéarité, il y a une rupture de style avec les deux derniers. Outre le changement de maison d’édition, on le remarque rien qu’au titre, on passe à des chroniques, accumulation d’anecdotes et de petites histoires retraçant ce qu’il vit.

Il crayonne la vie d’une famille arrivant dans un pays qui lui est totalement étranger où le choc des cultures est à son paroxysme. Il va aborder des sujets que chaque expatrié a pu connaitre tels que la difficulté d’intégration, d’adaptation ou de communication.
Ses journées sont rythmés par ses devoirs professionnels ou familiales. Pendant ses moments de libres, il en profite pour découvrir les environs, toujours partant pour en apprendre davantage sur l’endroit où il est. Il s’émerveille devant la beauté de certains paysages, se questionne sur les habitudes, s’énerve devant les inégalités, s’étonne devant quelques absurdités, il apprend, il s’adapte. Il va découvrir, tâtonner, et essayer de comprendre. Il nous retransmet les choses telles qu’il les vit et évite les jugements.
Les explications de G. Deslisle restent dans la simplicité, elles sont schématiques et très pédagogues ce qui rend la compréhension plutôt facile plus particulièrement dans Chronique de Jérusalem où le contexte est complexe. Il mêle donc la politique avec son petit train train quotidien. On suit ainsi ces aventures d’illustrateur-père de famille sous fond de dictature, politique et religions.

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Les Chroniques de Jerusalem © Guy Delisle / L’Association

Le point fort de ces quatre tomes est la simplicité avec laquelle il traite des sujets forts, voir sensible. Son avis reste discret, il ne joue pas à l’expert et a davantage le rôle d’un observateur qui croise les différents points de vue. Si parfois il prend partie, il sait néanmoins rester humble et, au final, ça donne une certaine honnêteté dans son propos. Il faut toutefois se rappeler qu’il n’a pas un avis omniscient et que ça reste finalement qu’un témoignage personnel.

Un chose est sure, Guy Delisle est ma petite gourmandise du 9ème art.

A propos de l'auteur

2 Réponses

  1. My Little Discoveries

    Je vois que nous avons des goûts communs en matière de BD! Je ne connais pas encore celles de Guy Delisle mais j’ai « Chroniques de Jérusalem » qui m’attend à la maison, ce sera certainement ma prochaine lecture BD. Ton avis est encourageant 😉

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    • Charly

      Je dois bien avouer que Chroniques de Jérusalem a été aussi mon premier Delisle. J’espère que tu prendras autant de plaisir que moi à lire ses chroniques !

      Répondre

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