Lost in translation est un fabuleux film de Sofia Coppola, réalisé en 2003. On suit Bob et Charlotte deux américains déboussolés qui ne trouvent pas leurs places dans les rues de Tokyo, et dans leur propre vie. Deux âmes en perdition qui se croisent, qui s’effleurent et qui vont finalement s’accrocher l’un à l’autre à travers des regards, des silences et des instants partagés. Film doux et mélancolique dans la folie des rues tokyoïte où le silence en dit tellement plus que des mots, Lost in translation se savoure comme une petite douceur, un petit bonheur qui met du baume au cœur et qui laisse le spectateur un peu groggy par ce voyage introspectif.

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Tout ça me ramène un an plus tôt. J’étais une étudiante en 1ère année de Master, j’alternais stage et petits boulots et j’avais mon petit appartement en ville pour de sympathiques soirées entre potes comme il se doit. Je me suis toujours beaucoup donné dans mes études et le master, avec son mémoire de recherche et son stage professionnalisant, avait un côté attirant et excitant. Pourtant le moment venu, la passion n’y était plus. Le stage que j’aurais trouvé fascinant quelques mois auparavant n’avait plus de saveur, mon intérêt pour mes études diminuait. Je me suis surpris à rêver de l’ailleurs. « Et si je plaquais tout ? » Question qui a émergé comme un fantasme et que j’ai tout de suite pris à la rigolade car irréalisable. Trop de chose étaient à prendre en compte. C’était de la folie.
Alors j’ai continué ma routine, étude, boulot, petite bière entre amis, métro et, comme on dit, dodo. Mais au fil du temps, suivre les cours est devenu compliqué, prendre le métro était insupportable, seule cette petite question restait intacte et attendait patiemment que je veuille bien la prendre en compte.

Puis il y a eu une rencontre, le temps d’un week end, de ces rencontres uniques dans une vie, celles qui nous changent et nous font évoluer. Ces rencontres entre deux individus, différent sur plein de points, par lesquelles naît une alchimie insoupçonnée. Ce fût un week-end incroyable, Lyon était à nous. Il n’y avait plus de code, plus de barrière, plus de norme. Ensemble, tout était possible. C’était un week end où on a vécu, où on s’est ouvert, où on a ressentit, c’était un week end où j’ai grandit.
Puis il y a eu la séparation, on s’est dit qu’on se reverrait, comme une promesse qu’on sait qu’on ne tiendra surement pas. Instants uniques et inégalables qu’on n’a finalement jamais cherché à reproduire.
Aujourd’hui, ce week end est comme un songe, il semble tellement lointain que s’il ne m’avait pas laissé cette marque indélébile, je me demanderais s’il a bien eu lieu.

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Cette rencontre m’a donné la force et le courage de penser que rien n’est écrit et que les seules barrières qu’on a, ce sont celles qui l’on se met. J’ai alors, quitté mon stage, mes études, mon appartement et peu après, mon boulot. Une ouverture de quitter la France s’est offerte à moi. Tout recommencer à zéro, ressentir l’excitation et l’angoisse de ne pas savoir de quoi le lendemain sera fait.
Depuis il y a eu une nouvelle rencontre, différente mais tout aussi puissante, celle qui fait dire « on » au lieu de « je ». Aujourd’hui, on prépare le départ doucement en profitant de chaque moment.
C’est une période d’entre eux, une période de transition qui mêlent à la fois impatience, excitation et doute. Autour de nous, les réactions sont différentes, certaines sont encourageantes, d’autres avec plus de retenues.

Maintenant on sait qu’on atteint la fin d’un chapitre et que bientôt un nouveau sera à écrire.

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