Qu’on soit clair, je n’aime pas l’Urbex. Vous savez, toute cette communauté qui s’est formée autour de cette pratique. Ils se disent urberxeurs pro, parce que, eux, ils faisaient de l’urbex avant même que tu saches marcher. Oui môsieur ! Il existe même des règles et tout ! Attends, faire de l’urbex, ce n’est pas faire les choses à moitié. Ils me donnent l’impression d’être un peu les pirates de la photographie qui gardent précieusement secret le lieu du crime et qu’il ne partage qu’avec ceux qui ont fait leurs preuves. Ils m’apparaissent comme une communauté d’un autre temps.
Bon après je peux comprendre le sens fondamentale de tout ça: avec cette réelle effet de mode de l’urbex, arrivent les questions du respect des lieux ou même du renforcement de sécurité (et surement de législation) qui s’en suivra autour des ces spots. Et puis, il faut bien avouer que garder secret le lieu renforce le côté mystique de la pratique. Cette question nécessiterait un bien long débat qui n’est absolument pas l’objectif de cet article.

Par principe, je n’ai jamais aimé les activités qui ne sont pas fondées sur le partage et l’entre-aide. Donc je n’aime pas l’Urbex avec un grand U, c’est donc que j’ai des principes ! Mais, j’aime l’urbex dans son sens générique: explorer des lieux abandonnés. Et j’aime ceux qui le partagent en toute modestie. J’aime me perdre dans leurs photos comme des vestiges d’une vie ancienne.

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Devant cet effet de mode grandissant toujours plus, je me suis néanmoins posée la question de l’urbex à Madagascar, bien que je n’ai jamais cherché à faire de l’urbex et que je ne chercherais surement jamais à en faire. Et, ça tombe bien, parce que mon expatriation sur l’île rouge ne peut que me tirer dans ce sens.

Commençons déjà par la définition même de l’urbex. En faisant quelques recherches sur le net, on trouve difficilement la même, changeant quelque peu en fonction des sites, mais des différences qui prennent une importance primordiale pour notre cas.
Tout le monde s’accorde sur le sens littéral de l’urbex qui est la contraction de urban exploration. Et c’est à partir de là que les définitions divergent: serait ce de l’exploration en zone urbaine ou de l’exploration de l’urbain dans le sens, construit par l’homme ?
Parce que, quoiqu’il en soit, de l’urbain à Madagascar, il n’y en a pas tant que ça. Tandis que du rural oui. Bon, mais alors du rural exploration peut être?

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Et si l’urbex n’était pas, au fond, vouloir rencontrer les fantômes d’un passé et affronter le silence angoissant d’un lieu à l’abandon, ou même tout simplement l’excitation de braver un interdit ? Et si l’urbex avait comme objectif final une recherche d’émotions et de sensations ?
Là encore, arrive un deuxième obstacle à cette pratique qui est le sens de la récup’ des malgaches. Ici, rien ne se perd, tout se transforme. Le fer peut être revendu, le bois utilisé et les objets réparés. Alors oui, des lieux à l’abandon à Madagascar, comme de partout, ça existe mais il n’en restera, en général, que les fondations. Si l’intérêt de notre explorateur est de s’immiscer dans des vies passées, ici, le résultat n’en sera que limité. Quant à l’interdit et la montée d’adrénaline qui s’en suit, il est relatif. Bien souvent, personne ne voudrait investir de l’argent pour la garde d’un lieu à l’abandon et on se contentera d’un « tsy azo andalova » (interdit de passer) à l’entrée.

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Je ne dis pas pour autant que l’aventure est impossible, avec un peu de recherche, tout photographe amateur pourrait trouver un lieu abandonné digne d’intérêt et cela, même sur Madagascar. Disons, que le défi en sera plus grand.
Finalement la définition de l’urbex est peut être trop limitée pour que cette pratique se développe à Madagascar. Tous lieux abandonnés seront souvent pillés jusqu’au dernier bouleau ou même très rapidement squattés dans les zones urbaines. Mais l’exploration de lieux abandonnés reste, bien entendu, toujours possible.

En illustration, toutes les photos sont issues d’un hôtel abandonné sur une plage en retrait de la ville de Morondava. Lieu façonné par l’homme où la nature reprend doucement ses droits.

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9 Réponses

  1. Thibault

    les photos sont vraiment réussies!! bravo
    l’endroit est facile à trouver ? je compte m’y rendre d’ici deux semaines et j’aimerais photographier cet endroit à mon tour !

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    • Charly

      Déjà, merci Thibault pour ton comm’ !
      Oui, quand tu seras de passage à Morondava, va à la plage de Kimony, l’hôtel se trouve juste à l’entrée.

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    • Charly

      Alors, je te conseille de découvrir un peu cette pratique, les photos qui en ressortent sont, en général, vraiment magnifique. 😉

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  2. marie kléber

    J’aime beaucoup tes photos Charly. Je trouve que les photographies de ces lieux abandonnés, désertiques, de ces espaces hors du temps, permettent de partager des émotions / sensations diverses et variées. J’ai toujours privilégié ces endroits perdus, étranges. Je trouve qu’on s’imprègne d’une ambiance particulière en les photographiant. Comme si l’appareil captait leur âme, leur histoire.
    J’ai appris sur le tard que ce type de photographie avait un nom – Urbex!

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    • Charly

      Oui, j’aime aussi énormément ce genre de photos, elles transmettent énormément de choses.
      Merci pour ton petit mot Marie !

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  3. Anne

    J’avoue avoir découvert cette pratique il y a peu et ne m’y être jamais essayée, c’est vraiment un truc d’experts ;-)!
    Mais j’aime bien la 2ème image, porte ouverte sur un ciel bleu…

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    • Charly

      Merci Anne ! C’est vrai que cette pratique demande du temps et un peu de recherche. Je pense qu’il faut vraiment être passionné pour se plonger dans l’urbex. Ce qui n’est pas mon cas non plus. Cet hôtel abandonné s’est trouvé sur ma route complétement par hasard.

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