Il était temps d’aborder le sujet vous allez me dire… Surement que cet article aurait du être l’une des premières publications, mais en toute honnêteté, ce n’est pas un sujet si simple à traiter. Les vazaha souffrent de beaucoup de clichés, plus ou moins proches de la réalité, et jusqu’à présent, je ne pense pas avoir assez de recul sur le sujet pour pouvoir le traiter.
Encore aujourd’hui, je ne certifie pas une objectivité à 100% et au final, cet article prendra peut être plus l’allure d’une réflexion de ma part sur le sujet.

Déjà, on va commencer par la base: qu’est ce qu’un vazaha ?
Pour toute personne ayant déjà mis les pieds à Madagascar, il ne leur faut même pas une heure pour comprendre le sens du mot « vazaha ».
Un vazaha désigne, dans le sens commun, toute personne étrangère blanche de peau. Ce n’est ni un terme péjoratif, ni un compliment, c’est un fait. Tu es un étranger blanc, tu es un vazaha.
Je précise « dans le sens commun » car parfois le terme peut être également utilisé dans d’autres cas, mais on ne va pas compliquer plus que ça pour aujourd’hui.

Le vazaha n’est pas simplement un étranger blanc de peau, mais malheureusement, indirectement, il s’accompagne d’énormément de préjugés, de clichés et d’idées préconçues. Etre vazaha à Madagascar, c’est devoir faire avec et porter ces a priori quotidiennement. Il est extrêmement difficile de se détacher de ces préjugés et de se faire juger autrement que par sa couleur de peau.

Je pourrais résumer les stéréotypes du vazaha vulgairement en 3 gros points:

  1. Le Vazaha est riche.
  2. Le Vazaha est arrogant.
  3. Le Vazaha a le pouvoir.

Chaque point mériterait un article à lui tout seul et je pense sérieusement m’y pencher. Mais pour survoler le sujet, et pour comprendre comment on en est venu là, il faut s’arrêter sur plusieurs points: le développement du pays, son histoire, bien évidement sa culture et malheureusement, le comportement de certains étrangers.

Alors non, après 3 ans dans le pays, j’ai le regret de ne pas pouvoir affirmer, le point sur la table, que tout cela est faux. Il m’a fallu du temps pour l’accepter mais il s’avère que la vérité n’est pas loin. Je pense que l’on ne peut lancer la pierre à personne, ni aux étrangers blancs, ni aux malgaches. Les événements, le passé, les faits encore actuels ont fait qu’on en est arrivé là aujourd’hui.

Le problème du cliché, c’est que même s’il n’est pas venu de rien, il ne s’applique pas autant à tout le monde. Merci que tous les étrangers blancs ne sont pas tous de riches arrogants avec le pouvoir ! Et malheureusement pour ces personnes, elles doivent porter le poids de tout ça et mettre beaucoup d’énergie et de patience pour prouver ce qu’elles sont réellement.

Ce lourd bagage, au final, en vient à provoquer certains comportements, parfois totalement contradictoires. Certains réagissent avec la peur, le mépris ou la colère tandis que d’autres, majoritaire, vont passer plutôt par la curiosité, l’approche amicale ou par intérêt ou alors par la drague (plus ou moins fine d’ailleurs).

Le Vazaha, dans n’importe quel lieu public ou il ira, est ainsi constamment abordé. On va l’appeler, vouloir lui vendre quelque chose, lui parler, lui demander de l’argent, le questionner.
Pour l’étranger novice, ce genre de comportement est plus ou moins bien accueilli mais rarement, il reste indifférent. Difficile de rester indifférent de toute évidence…

Il y aurait tellement à dire sur les préjugés qui colle la peau blanche et certainement que je vais y revenir prochainement.
Il faut savoir qu’à Madagascar, toute personne étrangère a son lot de cliché qui vont avec, que ça soit les étrangers blancs, mais aussi la communauté africaine, chinoise et surtout indienne, communément appelé ici les Karana. Mais tout ceci, sera pour une prochaine fois…

 

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6 Réponses

  1. Teabeestrips

    Article très intéressant. Je viens juste de découvrir ton blog et je le trouve très intéressant. Au plaisir de lire plus de tes articles. à bientôt.

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    • Charly

      Oui c’est ça. Au début, je pensais que je m’habituerais, maintenant je comprends juste qu’il faut faire avec. Et à la fois, quand je vois le comportement de certains français ou même de la France en général vis à vis de Madagascar. Je ne peux que comprendre comment on en est arrivé la.

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  2. Adeline

    Personnellement je l’ai très mal vécu, surtout à Tana ! Je me sentais vraiment harcelée constamment.. Et pourtant je me suis fait abordé dans d’autres pays pendant mon voyage en Afrique mais la manière malgache me mettait vraiment trop mal à l’aise !

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    • Charly

      Oui, c’est pas facile de s’y faire. Et comme tu dis, surtout à Tana, où parfois il faut vraiment faire des efforts pour ne pas se sentir agressé tout le temps…

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