Question tourisme, Madagascar a ses grands classiques. Sans parler de la fameuse RN7, depuis quelques années, la descente de la Tsiribihina attire du monde.
La traversée se fait généralement en 3 jours, sur un chaland. Tout est fait pour passer un séjour typique et complètement inoubliable. Bivouac sur les berges ensablées, douche sous une magnifique cascade, les signes des enfants qui nous regardent passer, négociation avec les pêcheurs du fleuve pour le repas du soir, soirée typique avec des villageois à partager chants et danses autour d’un feu. Trois jours riches en émotion sur le fleuve que l’on ne peut traverser.
Car si elle est nommée ainsi, la Tsiribihina le doit à ses occupants à grandes dents. Il n’est pas rare d’apercevoir un crocodile se faisant discret les longs des berges.
Ce circuit de 3 jours est assez bien pensé pour que le voyageur en oublie l’aspect commercial qui se cache derrière chacune des excursions. On profite du paysage et on s’immerge dans la culture.

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Cette traversée a gravé pour moi des souvenirs vifs que les cinq dernières années n’ont pas estompé. Puis il y a deux semaines, voilà que j’embarque de nouveau sur le fleuve. La barge qui attend le long de la Tsiribihina me projette des années auparavant. Le paysage est le même, l’excitation est là mais le contexte se voit bien modifié. Une pincée de stress et d’appréhension pour le nouveau boulot qui m’attend. Une nouvelle aventure.

Avec moi une équipe et du matériel sous ma responsabilité, l’objectif étant d’accéder à notre lieu de travail pour les six prochains mois et un seul accès envisageable pour nous: la Tsiribihina.
Loin de la décontraction des vacances, on charge la barge en vitesse. Quelqu’un court chercher un peu de riz au village. Le poisson, je sais qu’on le trouvera en chemin. Le bruit du moteur est assourdissant et rend les discussions difficiles. Au fil du voyage, sous la force des choses, on s’installe chacun dans une bulle. On profite du paysage qui défile sous nos yeux. Les enfants sont encore au rendez-vous et régulièrement, on lève la main pour répondre à leurs signes enthousiastes. Le soleil frappe la peau, tout de suite adoucit par la légère brise du vent. Cette fois, la descente se fait en un jour seulement et le ronronnement du moteur devint notre unique fond sonore de la journée.

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Il est évident qu’un voyageur de passage cherche avant tout à profiter du bon et à contourner le mauvais. Et si son séjour est bien organisé, il est fort probable qu’il arrive à éviter les difficultés. Le séjour lui laisse alors des souvenirs mémorables et il peint un portrait du pays coloré mais évidement, incomplet. Une peinture gaie qui manque un peu de contraste.

Mon premier séjour sur la Tsiribihina était fait pour qu’on se voit toucher au plus près la culture malgache et les richesses du pays. On prenait le temps de profiter et d’observer. C’était beau et reposant.
Puis, finalement, ce fut cette dernière descente express qui devient peut être la plus intéressante. Loin de l’idéalisme de la première, elle affronte la réalité des choses. Et, parfois, qu’est ce que la réalité peut être jolie elle aussi ! Certainement bien moins idyllique, elle trouve sa force dans un bel équilibre entre ses aléas et ses merveilles, rendant tout tellement plus complexe et intéressant.

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2 Réponses

  1. Augoyard colette dite mamy

    merci pour cette descente de la tsi….na avec toi,j’aime ta conclusion et son analyse.Garde bien tes yeux et ton coeur ouvert et fais nous partager cela. je t’embrasse mamy

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  2. Vaissaud Patrick

    Je disais donc que je te sens si loin…
    Les images de ce voyage, je les ai en moi.
    Maintenant tu es là-bas… Quelques nouvelles par les adeptes de Facebook
    Viber est moins performant.
    Demain matin je pars en Chine, nos voyages ne se croisent pas.
    Addition de distances.
    Bises

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