Ce n’est pas nouveau, tout ce qui est étranger fait peur. Alors si en plus on se met à parler de maladie, c’est l’angoisse assurée. Avec une vitesse insoupçonnée, notre cerveau se met à ressortir en vrac toutes les informations emmagasinées par les médias pour en créer un monstre effrayant. Et il faut dire ce qu’il est, l’Afrique est le continent qui ferait hérisser le poil au moindre hypocondriaque. Ténia, Malaria, Chukungunya, Ebola, fièvre jaune, des mots bien lointain, un peu effrayants, mais surtout très méconnus.

Quand j’ai annoncé mon départ à Madagascar, la question santé a été l’une des premières interrogations de mon entourage. Ebola ? Pas de risque. Fièvre jaune ? Non plus.
Nos connaissances prennent bien souvent leurs bases sur des brides de reportages sur lesquels où a zappé un jour de dimanche pluvieux, des bases trop fragiles pour que l’on comprenne pleinement la réalité des choses. C’est comme faire un puzzle dont il manquerait la majorité des pièces, le résultat est incomplet et déformé.
Avant de partir, le tout a été de dé-diabolisé la bête et de rétablir les choses telles qu’elles sont, sans pour autant se voiler la face. C’est se renseigner sur les risques, les comprendre et agir en fonction.

depot_medicament_madagascar_journal_evasion

Dépot de médicament à Antsirabe.

Tout a commencé avec un mal de tête, simple mal de tête que je mettais sur le coup de la fatigue. Puis doucement quelques douleurs musculaires et articulaires sont apparu, avec l’impression d’avoir pris 50 ans d’âge, à devoir trainer ma vielle carcasse d’une chaise à une autre. Et enfin, la fièvre a tapé, me clouant littéralement au lit pour les jours qui arrivent.
En remettant les choses dans leur contexte, dans mon village de brousse, les cabinets médicaux et les pharmacie ne courent pas les rues. Pendant un court instant, aller au dispensaire m’a bien traversé l’esprit mais, je me suis souvenu de leurs matelas miteux et j’ai délibérément laissé passer cette idée en détournant les yeux, me disant que j’arriverais bien à guérir à coup de Doliprane !
C’était pas sans compter sur la fièvre qui riait bien devant ce petit comprimé blanc dans sa boite jaune. Il a fallu que je m’avoue vaincu pour que je sorte dans un murmure: « Trouve moi un médecin ».

Je rencontre alors une vielle dame à la vue douteuse, une sage femme à la retraite.
Bon, c’est toujours mieux que rien. Elle parle dans un français approximatif de faire un sérum mais l’imaginer tremblante, les lunettes au bout du nez, à chercher ma veine d’un geste peu certain renforce mes sueurs froides.
Elle repart finalement en me laissant une boite de vitamine et me fait avaler des comprimés puissants contre la fièvre. Et j’ai rapidement compris ce qu’elle appelait des comprimés puissants, mon estomac hésita longuement entre les recracher ou les digérer pour finalement opter la première décision.
Les jours passent et aucune amélioration se fait sentir, le mal de tête est insupportable, la fièvre ne se calme pas et mon estomac refuse catégoriquement toute nourriture. On émet l’hypothèse de me faire rapatrier à la capitale.
C’est à ce moment que le médecin de brousse décide de revenir au village, il m’examine et le mot tombe: c’est le paludisme.
Et ce fut à coup de piqure de quinine qu’il me remet finalement sur pied.

dispensaire_madagascar_journal_evasion

Petit dispensaire du village.

Mais en fait, le paludisme c’est quoi ? Aussi connu sous le nom de Malaria, elle est provoqué par des parasites transmis par une piqure de moustique. Elle provoque des montés de fièvre et peut avoir de graves conséquences s’il n’est pas pris en charge rapidement et efficacement. Madagascar est particulièrement touché par la malaria qui fait de nombreuses victimes chaque année. Il existe 4 types de palu différents et une fois qu’on l’a dans le sang, il est probable de faire des rechutes les années qui suivent.
Aujourd’hui, aucun vaccin n’a été mis en place, mais pour les voyageurs, il existe un traitement anti-paludisme (fortement recommandé) qui peut être prescrit par le médecin.

Aujourd’hui, même après une semaine, je me sens encore énormément fatigué comme si la crise de palu m’avait vidé de toute énergie. La malaria, un nom qui me semblait si lointain et si étranger, fait maintenant partit de mon quotidien car, malheureusement, ce n’est pas rare qu’une personne de mon entourage souffre d’une de ses crises.
Dans ce village reclus, loin de la foule incessante des plus grandes villes, le paludisme est une affaire de tous les jours, préoccupation principale du petit dispensaire.

A propos de l'auteur

4 Réponses

  1. Anne

    C’est malheureusement un fléau non encore endigué!
    Et c’est aussi l’une des raisons qui me fait hésiter à visiter ce si beau pays (parce que, avouons-le, les traitements préventifs ne sont pas anodins non plus…)

    Répondre
    • Charly

      Bonjour Anne !
      Il serait vraiment dommage de louper un beau pays à cause du paludisme. Il faut discuter avec un médecin pour les solutions préventifs. Ils ne sont pas anodins, c’est sur, mais sur une courte période, il y a peu de risque.

      Répondre
  2. Augoyard colette dite mamy

    Il ne pouvait pas piquer ailleurs se moustique, c’est cela l’intégration? Courage…………….

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.