L’image du mexicain a eu la vie dure. Pendant longtemps, beaucoup s’imaginait le mexicain type comme un bandit des grands chemins, portant un poncho et un sombrero, surement avec une moustache et un verre de tequila dans la main. Je doute même que ce stéréotype soit complètement mort. Mais quand on voit qu’on a grandit en lisant des Lucky Luke tout en mangeant des Pépito, à qui la faute ? Et le cinéma a bien contribué à nourrir le cliché que ça soit par le célèbre Zorro ou par les westerns.

Aujourd’hui, le cinéma a laissé tomber le poncho et le sombrero. A Hollywood, le mexicain est fréquemment représenté comme un émigré, dénonçant une difficulté d’intégration social. Il y a peu d’individualisation et ils sont, souvent, uniquement vus comme des clandestins essayant de passer la frontière.

Machete kills again.

Machete kills again de Robert Rodriguez

Sinon, il y a aussi Robert Rodriguez, réalisateur américain, d’origine mexicaine. Au final, ça donne des films américains, marqué par une identité mexicaine. Il perce doucement avec El Mariachi (1992), premier film d’une trilogie qui se fera connaitre principalement grâce au second opus, Desperado (1995). Ses films se déroulent régulièrement au Mexique, les personnages sont tous bad-ass, les héros sont des hors la loi, les filles portent le flingue et tout ça sous un fond de cartels et de corruption. On retrouve notre bandit ! Et parfois même qu’il porte la moustache (cf à Machete (2010)) ! Mais aussi merveilleux que peut être l’univers Rodriguez, on ne se dupe pas et on le sait très fantasmé et poussé à l’extrême.

21 grammes

21 grammes de Alejandro Gonzales Inarratu

Et qu’en est-il du cinéma mexicain aujourd’hui ? Il ne faut pas se le cacher, il peine à arriver dans nos salles. Certains réalisateurs mexicains sont pourtant bien présents sur nos écrans mais de manière « anonyme », en présentant un film généralement américain. Il me vient à l’esprit Alfonso Cuaron à qui on doit, entre autres, Gravity (2013), Les fils de l’homme (2006) ou même Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban (2004), Alejandro Gonzalez Inarritu avec 21 grammes (2003) et Babel (2006) ou même Guillermo del Toro, Hellboy (2004), Labyrinthe de Pan (2006) ou Pacific Rim (2013). Manière efficace de se faire connaitre du grand public étant donné que ces films s’exportent assez bien.

Mais quand on se penche un peu plus sur leurs filmographies, on voit qu’il n’abandonne pas le Mexique pour autant et on trouve des véritables bijoux du cinéma mexicain, tel que Et… ta mère aussi ! (2001) de Cuaron ou Amours chiennes de Inarritu. Des réalisateurs qui marquent un véritable renouveau du cinéma de leur pays. Pourtant, on a tendance à réduire cette « nouvelle vague » à ces trois seuls noms.

La zona, propriété privée

La zona, propriété privée de Rodriguo Pla

Moins connus mais tout autant prometteur, de nombreux autres cinéastes profitent de l’ouverture qu’offre des festivals comme celui de Cannes pour proposer leurs films. On découvre alors un Carlos Reygadas qui a reçu le prix du jury pour Lumière Silencieuse (2007) ou même Heli de Amat Escalante (2013) qui a été présenté à Cannes et aux Oscars. Ces nouveaux cinéastes réalisent de véritables satires sociales sous fond de violence et de sexe, parfois difficilement regardable. Que ça soit de manière crue ou sous forme de comédie (Nosotros los noble (2013) de Gary Alazraki), ils montrent un Mexique marqué par la précarité, souffrant des classes sociales divisés et de la corruption de la police (La Zona, propriété privée (2008) de Rodriguo Pla). Devant la réalité des choses, peu de happy end nous sont offerts, la dénonciation est directe et fidèle à ce qui est.

 

Heli

Heli de Amat Esclante

 

En bref, mes 10 films au gout de tequila :

1. Et… ta mère aussi ! de Alfonso Cuaron.
2. Amours chiennes de Alejandro González Iñárritu.
3. Heli de Amat Escalante.
4. La zona, propriété privée de Rodriguo Pla.
5. Lumière silencieuse de Carlos Reygadas.
6. Sin nombre de Cary Fukunaga. (image à la une)
7. Bataille dans le ciel de Carlos Reygadas.
8. Miss Bala de Gerardo Naranjo.
9. Babel de Alejandro González Iñárritu.
10. Pour le fun: Machete de Robert Rodriguez.

Quelles seraient vos recommandations ?

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