Madagascar, 2018, les élections se profilent. Pas moins de 36 candidats figurent sur la liste. Parmi eux, 4 anciens présidents: les deux protagonistes de la crise de 2009 (que l’on appellera pour plus de facilité n°13 et 25), le dernier président en fonction et un Ratsiraka qui a déjà entamé sa 8ème décennie sur terre.
A ceux la, nous pouvons noter la présence d’un chanteur et d’un dirigeant de l’Eglise Apocalypse, se faisant appelé le Pasteur.

Ici, tout le monde garde en tête le coup d’état du n°13 envers le n°25 en 2009. Au moins une chose fait l’unanimité (ou presque), personne ne veut un nouveau 2009. Toutes les grandes organisations nationales, continentales, internationales et intergalactiques appellent à une élection en douceur et dans le respect de la constitution. D’ailleurs tout semble bien commencer quand le président en fonction respecte cette constitution en donnant sa démission afin de pouvoir se représenter. Une première à Madagascar, il est bon de le noter.

A vos marques, prêt… partez !

Le 8 octobre, le début de la campagne est lancé officiellement que l’on appelle, ici, la propagande. Ça aurait du me donner une idée sur ce qui va suivre.

La campagne, que dis-je, la propagande se passe à coup d’immense concert et de spectacle. Malheur au petit candidat qui n’a pas les moyens de se payer les grands chanteurs en vogue. Et des chansons sont crées à leur effigie. Rien que ça.

Ici, on ne séduit pas par des idées et des ambitions réalistes mais en offrant le spectacle de l’année. Il semblerait que les candidats cherchent d’avantage à toucher les émotions que la raison. Quand le candidat 13 s’entoure des grandes stars et montre en boucle son projet d’une ville du futur, de drones et de milice ultra perfectionnée, tueurs de Dahalo, il y a de quoi créer des étoiles dans les yeux des rêveurs.

Et pendant qu’ils continuent à jeter de la poudre aux yeux, la majorité de la population du pays continu à vivre avec moins de 2 euros par jour. C’est à se demander qu’est ce qu’ils pourront bien faire dans une ville du futur…

D’ailleurs, financer une telle campagne a un cout exorbitant qui ne peut que soulever beaucoup de doute quant à la source de ce financement et qui est, de toute façon, une insulte honteuse face à la pauvreté qui ravage le pays.

Moment de vérité.

Puis le pays est appelé aux urnes. Seul 45% des inscrits sont allés voter.

Les résultats officiels se font attendre et sont proclamés près d’un mois après le passage aux urnes. 1 mois de doute, de remise en question, de contestation…  La liste électorale éveille des soupçons. Le logiciel de traitement des votes est jugé incompétent. Des bureaux de vote dont les résultats ne sont jamais arrivés à temps pour être tenu en compte. Les candidats appellent à la fraude, avant même l’annonce des premiers résultats.

Mais ces fameuses organisations internationales trouvent que tout se passe relativement bien. Ah ?

Bien vite deux candidats se démarquent des 34 autres. Le n° 13 et 25, les deux protagonistes de 2009, la belle brochette.
Aujourd’hui, les résultats sont officiels mais contesté davantage par les vainqueurs que par les perdants. Le comble. Chacun étant persuadé d’avoir obtenu plus de 50% des votes.

Ah attendez…  On me dit dans l’oreillette que le n°25 a fini par retirer sa plainte. De son côté le n°13 continu de projeter des power point de calcul savant essayant de prouver à quel point il a raison tout en parlant de lui a la 3ème personne. César le conquérant est de retour.

Ah mais, non… nous venons d’apprendre que finalement il accepte les résultats, c’est à ne plus rien comprendre.

36 candidats. Le choix semblait pourtant bien vaste. Je me souviens d’une chronique écrite par Nasolo Valiavo Andriamihaja qui disait « Dans cette surenchère de décibels cacophoniques que fut cette campagne électorale,  sans doute leur avait il été impossible d’entendre le murmure des idées. »

Le passage du deuxième tour est annoncé pour le 19 décembre, affrontant, sans grande surprise n°13 et n°25. A suivre…

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