Il est 7h, on est dans la gare de Fianarantsoa. Sur le quai, une voie annonce le départ du train. Une fois n’est pas coutume, l’heure du départ est bien respectée.
La locomotive s’élance, trainant derrière elle ses wagons fatigués d’un vert délavé. Le tac-tac commence, lent et régulier et on voit s’éloigner la ville de Fianarantsoa.
On traverse d’abord les champs de thé de Sahambavy avant de s’enfoncer dans une forêt luxuriante aux couleurs émeraudes.

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163 km sépare la ville de Fianantsoa de la ville de Manakara, le terminus du chemin de fer. Un parcours qui compte pas moins de 18 gares, une 40ène de tunnel et une 60ène de pont. Si peu !
Pour l’histoire, le chemin de fer fût créé à l’époque de la colonisation dans les années 1920 dans un but commercial permettant le transport de marchandise de la côte Est vers le centre du pays. Aujourd’hui encore, l’objectif premier n’est pas perdu de vue et le train reste pour de nombreux villages le seul moyen de s’approvisionner.

Mais depuis déjà quelques temps, il a su s’adapter aux nouvelles demandes et s’est vu rajouter des wagons voyageurs ouvrant ainsi une porte au tourisme. Aujourd’hui, le train FCE devient un emblème de l’île rouge pour les touristes, il représente l’aventure à ne pas louper. Et ça, ici, ils l’ont bien compris !
Il suffit de voir qu’en 2014, Laurent de One chai a payé son billet à 18 000 ar (je vous envoie d’ailleurs lire son récit ici), alors qu’en 2 ans seulement le prix est devenu 4 fois plus cher.

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Le tac-tac incessant  du train continue ainsi au rythme des ponts, des tunnels qui plongent le train dans un noir complet, des livraisons aux villages et des arrêts d’une durée indéterminée dans les gares. Dehors, le paysage défile, un spectacle à couper le souffle.
De temps en temps le train doit s’arrêter, le temps de mettre un peu de sable sur les rails, avant de repartir de plus belle. Les heures s’écoulent sans vraiment que l’on s’en rende compte.

Volontairement, nous avions rien pris à manger pour pouvoir ainsi se laisser guider par les spécialités de chaque village. A chaque arrêt, des vendeurs, attendant patiemment l’arrivée du train, venaient aux fenêtres des wagons présentant, à bout de bras, fruits, beignets, sambos, écrivisses et j’en passe…
Nous avions beau être aux fins fonds de la campagne malgache, voir des étrangers n’est plus une surprise pour les villageois et aujourd’hui, ils savent profiter de ses voyageurs pour vendre leurs produits.

Et on se laisse emporter par ce tableau aux couleurs émeraudes qui défile sous nos yeux et qui éveille à tout instant chacun de nos sens.

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Informations pratiques:
– De manière générale, à la gare, on nous informe que le trajet peut durer entre 12h et 24h. Pour notre cas, nous l’avons fait en 16h. A savoir que la durée est souvent plus longue dans le sens Manakara-Fianarantsoa (car beaucoup plus de montées) que dans le sens inverse. Mais la durée dépendra surtout du temps, des livraisons et des éventuelles pannes.
– Seule les places en 1ère classe peuvent être réservées la veille. Sinon, mieux vaut venir très (très tôt) à la gare pour faire la queue afin d’avoir un billet.
– En 2016, la place en 1ère classe était à 40 000 Ar (soit environ 12 euros) mais un affichage annonçait une hausse de prix en 2017 pour passer à 70 000 Ar (env. 20 euros).
– Tout guide vous le diront: préférer une place sur la gauche dans le sens Fianarantsoa-Manakara pour jouir au maximum du paysage.
– Le train part 2 fois par semaine: Le mardi et le samedi dans le sens Fianarantsoa- Manakara et le mercredi et le dimanche pour le sens Manakara-Fianarantsoa.

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5 Réponses

  1. Laurent

    L’augmentation du prix du train est en effet impressionnante ! Un grand merci pour la référence à mon billet, et ravi de voir que le voyage t’as plu 🙂

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