Nous sommes dans l’ouest de Madagascar, aux Tsingy de Bemaraha, devant nous, un guide entraine nos pas dans une forêt. Les arbres sont hauts, parfois épineux, souvent enroulés d’une espèce de liane. Ils filtrent les rayons du soleil, gardant une fraicheur loin d’être désagréable. Autour de nous, les chants d’oiseaux se font entendre, comme une dizaine de charmants chants étrangers. On lève les yeux au ciel, fouillant du regard les hautes branches espérant trouver le petit être qui émet de si jolis sons.
A nos pieds des bouts de roches calcaires marquées par l’érosion nous offrent quelques indices sur ce qui nous attend. Puis au fur et à mesure qu’on avance, les roches se sont bien plus grosses, bien plus imposantes et doucement, le canyon apparait.

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Les Tsingy du Bemaraha ont été classé patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 25 ans. Petit à petit des parcours ont été aménagé pour les curieux de passage. Aujourd’hui il existe différents circuits plus ou moins sportifs en fonction de la forme et du courage des visiteurs.
Le site des Tsingy est formé par des roches calcaires qui ont connu les effets du temps et des pluies jusqu’à devenir une multitude d’aiguilles acérées offrant un panorama unique dans le monde.

L’histoire raconte que ces roches, formée sous la mer, il y a des millions d’années de cela ont ensuite servis d’abris aux vazimbas, les premiers habitants du lieux qui marchaient pieds nus sur les éperons des Tsingy. La présence de nombreux tombeaux en fait aujourd’hui un lieu sacré.
Le site est protégé non seulement pour cet événement géologique rare mais aussi pour sa diversité de la faune et de la flore.

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Une balade dans les Tsingy c’est une mélange de sensations et d’émotions. On se retrouve dans un contexte où la nature a pris place, s’installant confortablement pour offrir ce qu’elle a de plus beau. Ici, nous avançons pas à pas, comprenant que c’est à l’homme de s’adapter et non l’inverse. Doux sentiment, malheureusement bien trop rare. Au dessus de nos têtes, quelques lémuriens se baladent le long des branches, s’arrêtant quelques minutes pour observer ces drôles d’êtres marchant aux pieds de leurs arbres.
Puis il y a cette montée d’adrénaline quand on grimpe le long des parois, que l’on jette un coup d’œil sur le vide à nos pieds et que l’on voit ces lames tendues à notre direction.
Et ce sentiment de liberté quand, arrivé au sommet, on voit le gris de la roche s’étendre à perte de vu. Un paysage en dent de scie ponctué par des touches de verdure, des plantes ayant réussit, par je ne sais quel exploit, d’affronter cette roche aride pour s’épanouir.

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Devant ce spectacle, on comprend l’intérêt de faire une journée entière de piste pour arriver jusqu’ici. On apprécie alors cette poussière que l’on a du manger en laissant la fenêtre du 4×4 ouverte. Et on se demande comment un site comme celui là peut rester autant dans l’ombre.

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10 Réponses

  1. Laurent

    Ah, bah les Tsinguy non plus, je n’ai pas vu ! J’y avais bien songé, mais trop compliqué pour m’y rendre en transports publics, et ça surchargeait un peu trop le voyage avec ce que je voulais déjà voir le long de la RN7. Bon, bah en plus du nord, il va donc falloir que je retourne deux fois à Mada !!

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    • Charly

      C’est sur qu’il est très compliqué de venir aux Tsingy sans véhicule. Il y a bien les taxi brousse qui viennent jusqu’à Bekopaka. Mais une fois arrivé au village pour accéder aux grands Tsingy, c’est autre chose…
      Un lieu complétement coupé de tout, mais tellement fascinant !

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  2. Mel

    Un site pittoresque de Madagascar ce Tsingy ! Merci pour l’article.
    Dis-moi, comment vous contacter ? Merci bien !

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  3. Augoyard colette dite mamy

    Je viens de regardernsur Arte un magnifique reportage sur madagascar sa faune et sa flore, une bonne partie du reportage se situe dans les tsingy, et je retrouve dans ton reportage pleins de similitudes, encore merci…..

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  4. marie kléber

    Splendide. Ca doit d’ailleurs être assez impressionnant de s’y promener. Il arrive souvent que des merveilles soient inconnues. C’est dommage.

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