Les bruits incessants de la ville filtre à travers ma fenêtre entre ouverte. D’ici, la vue sur Tana est plutôt agréable. Je profite pleinement de ce petit moment de détente et savoure ce petit air frais de fin de journée après la chaleur de l’après-midi. Instant propice pour prendre le clavier pour un nouveau Madagascar au quotidien.

La grande nouveauté de ces derniers jours à été mon déménagement dans mon nouvel appartement. Encore bien trop habituée par le système de l’administration française infernale, je me retrouve forcément complètement étonné par celui de Madagascar. Alors que je me souviens de l’énorme dossier à monter pour dégoter un appartement à Lyon, l’argumentant des dernières fiches de paies des tes 50 dernières années, de celles de tes parents, tes grands parent et même de l’oncle René, de l’interminable texte qu’il faut recopier à la main pour prouver ton engagement dans cette nouvelle location, de cet état des lieux qui dure des heures…
Ici, c’est tout autre chose.

Une fois que la visite s’avère concluante, dès le lendemain, un rendez-vous est pris pour signer le bail. Et en si peu de temps, on se retrouve avec les clés d’un endroit qu’on ne connaissait pas deux jours auparavant. Quant au dossier à fournir ? Une photocopie d’une pièce d’identité. Basta.
Et l’état des lieux ? Quel état des lieux ? C’est quoi ça ? Ah oui, je vois… Bah ! On va gribouiller quelques mots au dos du bail, ça fera l’affaire.
C’est simple. C’est rapide. Mais tout n’est pas tout à faire clair. Qu’importe ! On est à Madagascar ici.
Toujours est il que j’ai un nouveau chez moi et qu’est ce que ça fait du bien !

La deuxième grande nouveauté de ce quotidien à Madagascar est loin d’être aussi réjouissante. Le sujet a été déjà abordé il y a quelques jours, une nouvelle épidémie de peste frappe le pays. Depuis maintenant plusieurs semaines, tout Madagascar n’a plus que ce mot à la bouche. L’État essaye de rassurer la population en assurant qu’ils contrôlent. Pourtant difficile d’ignorer le nombre de victimes et de décès de la peste qui augmente de jours en jours. Dehors, certains portent des masques. Les pharmacies tombent en rupture du traitement qui se retrouvent aujourd’hui sur les marchés noirs. L’OMS commence a faire part de son inquiétude. Non seulement la propagation nationale est importante mais un cas fut détecté aux Seychelles et même à Maurice, interrogeant ainsi sur la propagation à l’internationale. Les écoles ferment, les boites de nuits ferment le temps que l’épidémie soit maitrisée…

Pourtant à Madagascar la vie doit continuer. Dehors les enfants des rues sont toujours là, pieds nus, dans leurs vêtements usés, sans aucune protection. Les mendiants continuent à fouiller dans les ordures que la ville peine à assainir. Le combat pour la survie ne s’arrête jamais pour ce petit monde que l’Etat ne regarde plus. La peste étant une balle de plus dans la roulette russe qu’est leur quotidien…

Côté blogging, j’ai eu la surprise d’avoir été contacté par Le Fil Rouge, un site ayant pour objectif d’aborder les pays de manière moins conventionnel et plus intime, pour les rejoindre et parler de Madagascar. J’ai fait ma première participation avec le portrait de Doda, chauffeur de Taxi. Cette première expérience fut vraiment intéressante et je reviendrais prochainement sur ce portrait de manière bien plus personnel sur le blog.

D’ailleurs, ces derniers temps, j’ai un peu mis de côté l’aspect touristique pour mettre bien plus en avant la dimension social du pays. Car il est évident que la connaissance d’un pays ne passe pas par les photos de beaux paysages.

Bien au contraire.

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4 Réponses

  1. Math

    Super blog que je lis avec plaisir en vue de notre arrivee prochaine sur l’ile! Je connais bien Marine du Fil Rouge 🙂 Je te ferai signe une fois la bas! A bientot

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  2. Adeline

    Fais attention à toi Charly 🙂 J’aime toujours autant te lire même si j’ai pris du retard ces derniers temps ! (j’essaye de le rattraper )
    Contente pour toi et ton travail pour le Fil Rouge !

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