Depuis quelques semaines, l’Amazonie est au cœur de tous les débats. Les incendies et les feux de brousse qui détruisent le poumon de la terre engendrent une véritable mobilisation des médias et des gouvernements. Le monde entier a les yeux rivés sur l’Amérique du Sud et particulièrement sur le gouvernement de Bolsonaro. Profitant de la vague d’indignation des populations, une image prise d’un satellite de la Nasa est publiée à la fin du mois d’Aout et il semblerait bien que l’Afrique brule également et de manière très inquiétante. Puis la Nasa partage ces chiffres: entre le 1er et le 15 Aout, 250 000 feux se seraient déclarés en Amazonie contre 550 000 feux en Afrique.
Et si nous nous référons à l’image prise par le satellite, fort est de constater que Madagascar ne semble pas échapper aux incendies.
Mais alors qu’en est il réellement ? Madagascar brule t’elle également ?

capture écran satellite Nasa

Capture d’écran image satellite de la Nasa

Pourquoi personne n’en parle ?

Contrairement à ce qui peut se passer en Amazonie, où la sécheresse et la politique nouvelle de Bolsonaro, des causes plutôt inédites, encouragent les incendies en forêt. A Madagascar, les incendies, communément appelés les feux de brousses, ne sont pas choses nouvelles. Utilisés depuis toujours pour répondre aux besoins de la population, ils sont rentrés dans les mœurs.

Bien que les médias internationales s’emparent que très rarement du sujet, (l’Afrique en générale étant très peu au centre des préoccupations des pays occidentaux, avouons le,) à Madagascar, la déforestation et les feux de brousse sont des sujets préoccupants. ONG et gouvernement multiplient les actions de sensibilisation et de reboisement, tentant de renverser la courbe déforestation/reboisement. Il faut noter que Madagascar a perdu 45% de ses forêts en seulement 60 ans.

Quelles sont les causes de la déforestation à Madagascar ?

Le bois est, encore aujourd’hui, utilisé par 90% des ménages comme énergie par l’intermédiaire du bois de chauffe et du charbon de bois. La plupart des foyers n’ont pas les moyens ou la possibilité de passer à l’électricité, au gaz et encore moins aux énergies renouvelables.

Au delà des besoins énergétiques en bois, Madagascar brule à cause des abattis-brûlis. Les brûlis sont le fait de mettre le feux à une parcelle de forêt dans un but agricole. Face à la pauvreté, la population ne trouve pas d’autres moyens que de bruler une partie de la forêt, de manière illégale ou non, afin de pouvoir cultiver la terre par la suite.

Puis une terre cultivée pendant quelques années a son sol qui s’appauvrit et les cultures sont de moins en moins bonnes. L’agriculteur se trouve alors dans l’obligation de se trouver un nouveau terrain qu’il défrichera à son tour par la méthode du brulis. Ce cycle d’éternel renouvellement du terrain associé à l’augmentation des besoins de la population accélère dangereusement cette déforestation et les feux de brousse.
De plus, certains de ces brulis, mal gérés, deviennent hors contrôle et se transforme en un incendie dévastant une grande partie de forêt.

Quelles sont les conséquences de cette déforestation ?

Les conséquences sur la biodiversité est désastreuse. 90% des espèces a Madagascar sont endémiques. Plus encore, certaines espèces sont micro-endémiques, c’est à dire qu’elles existent que sur une zone très préciser du pays. Ce sujet avait été déjà abordé notamment avec la plus petite espèce de caméléon qui vit dans une zone très restreinte du pays.

De plus, pour les cas des terres cultivées puis abandonnées suite à un sol appauvrit, elles sont très difficilement reboisable. A cela s’ajoute pour les régions du Sud-Ouest une très grandes lenteur dans la régénération de la flore du aux régulières périodes de sécheresse.

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Alors, Madagascar brule t’il ? Oui, Madagascar, comme un bon nombre de pays d’Afrique brule également sous les feux de brousse pour des raisons principalement agricole ou énergétique et les conséquences sont désastreuses à la fois pour la biodiversité du pays que sur les émissions à effet de serre.
Pourtant, il est très aisé de pointer du doigt les incendies en Afrique ou même en Amazonie, par un tweet envoyé d’un bureau ovale d’un pays occidental.
Bien que nous ne pouvons pas nier que la mauvaise gouvernance du pays en question à sa responsabilité dans ces déforestations, interdire les feux de brousse et les brulis ne sont pas, à ce jour, une solution en soit. Il est primordiale avant toute chose d’offrir une solution alternative à la population.

Nous pouvons rappeler une dernière fois que, la seule source d’énergie aujourd’hui possible pour une majorité de la population reste le charbon de bois et que l’agriculture par le brulis reste une principale source de revenu. Et rappelons une dernière fois qu’il est difficile d’expliquer les conséquences qu’aura cette déforestation dans 50 ans quand la principale préoccupation d’une population touchée par la pauvreté est de survire un jour de plus. Aujourd’hui, il semble difficile d’arrêter les brulis tant qu’une solution de repli ne sera pas trouvé pour ces populations.

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