ENTRE SÉCHERESSE ET INONDATION.

Ces derniers temps ont été un peu éprouvant à Madagascar.
Le mois de février est censé être le noyau de la saison des pluies. Mais alors que certaines régions souffrent de cette abondance d’eau, la capitale, elle, voit difficilement passer une goutte. Doucement les rivières se sont asséchées et les coupures d’eau associées aux délestages deviennent inquiétantes. Le gouvernement parlait de provoquer la pluie mais les conditions ne s’y prêtaient pas tout de suite. La menace d’une vrai coupure d’eau sur long terme a rapidement traversé la ville et a inquiété tout le monde.
A la limite de la sécheresse totale sur Antananarivo, la pluie a finalement décidé enfin de tomber au bout de quelques semaines donnant un air de soulagement à la capitale.

Et comme si ces coupures de plus en plus régulières ne suffisaient pas, il s’est ajouté des soucis d’internet. Telma, l’un des plus grand opérateur de l’île annonce qu’à cause d’un câble coupé sous la mer, internet ne fonctionnera plus pendant minimum 15 jours ! Fort heureusement, au lieu de vivre reclus sur notre île, coupé du reste du monde, il arrivent néanmoins à trouver des solutions pour fournir un peu de réseau, mais pendant deux semaines, c’est la croix et la bannière pour trouver une connexion digne de ce nom…
Et encore, faut il encore que l’électricité a bien la décence de vouloir fonctionner elle aussi !

Si je dois faire un bref regard sur ces dernières semaines, je ne vois que les coupures à répétition que ça soit d’internet, d’électricité ou même de l’eau courante. Après, bien entendu, comme l’égalité pour tous n’est pas courant ici, certains sont mieux lotis que d’autres et à chaque moyen ses solutions…

Finalement, alors qu’Antananarivo semble reprendre un souffle à la fin du mois de février, chaque problème se résolvant petit à petit, voilà qu’une nouvelle menace approche. Celle ci a un nom, elle s’appelle Enawo.
Enawo est un cyclone qui s’approche dangereusement de Madagascar, et rapidement le pays se met en alerte. Généralement sur les côtes, cette fois, même la capitale entre en zone rouge. Le gouvernement appelle aux habitants à rester à l’abri, les entreprises et les écoles ferment en attendant son passage. Les rues, habituellement si agitées, sont vides, les voitures sont rares, les piétons encore plus.
C’est avec un mélange de curiosité et de crainte que je m’apprête à vivre mon premier cyclone. Les heures passent et finalement, je dois me rendre à l’évidence, Antananarivo s’est un peu emballé pour rien. Alors que des images montrent quelques régions des côtes Est frappées par des vents violents, ici, il n’en ai rien.
Antananarivo sera ainsi épargné par le passage d’Enawo, où il restera une bonne grosse averse. Mais malheureusement tout le pays ne peut pas en dire autant…
Pourtant le soulagement est de courte durée car les fortes pluies ont provoqué une montée des eaux très importantes qui fera quelques dégâts et surtout de très nombreux sinistrés.

Encore aujourd’hui, les associations se mettent au boulot, le gouvernement s’organise (ou bien fait semblant) pour venir en aide à ces milliers de sinistrés du aux inondations.
Finalement à ce jour, dans tout Madagascar, le passage d’Enawo et les montées des eaux qui ont suivis aura fait près de 50 morts, des dizaines de disparus, mais surtout des milliers de sinistrés.
Encore une fois, inlassablement, le pays tente de panser ses plaies.

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Une réponse

  1. Anne

    Ca semble tellement difficile! Pourtant, on ne peut pas dire qu’on en entende beaucoup parler par ici…

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