Depuis quelques semaines, la capitale avait vêtue ses couleurs du 26 Juin. Les drapeaux étaient sortis. Les stands de lampion aux multiples couleurs se sont imposés sur les trottoirs, du Vita Gasy d’inspiration Made in China. Tous sont suspendus à des fils, mêlant leurs couleurs et leurs formes.
L’ambiance festive qui s’installait sous fond de Coupe de Monde de foot animait les rues et les bars.

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Le 26 Juin, l’amoureux a su négocier une place sur le toit d’un hôtel. De là, nous dominions la ville basse. Un peu plus haut, le palais du Rova, illuminé, surveillait sa capitale comme chaque soir.
Les lumières de ville brillaient de mille feux. Les pétards résonnaient dans les rues. Les bougies étaient allumées dans leur lampion de papier recyclé.
En bas, nous avions une magnifique vue dégagée sur le lac d’Anosy. A la nuit tombée, les lampions sont lâchés comme une jetée d’étoile montant rejoindre les siennes.

Pour la première fois, je trouve la capitale belle et pleine d’espoir. Pendant une nuit, la fête enivre le peuple malagasy mettant de côté, un court instant, la galère et la misère.
L’État en profite jeter un peu de la poudre aux yeux à travers un long feu d’artifice.

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L’effervescence du 26 Juin s’éteignant, celle de la coupe du monde s’enflamme. Faute de n’avoir une équipe locale à supporter, les espoirs se déversent sur le Brésil, la France, l’Angleterre, le Portugal. Beaucoup font des pronostiques à Paris Sport.

Malgré ces derniers grands évènements culturels, les journaux ont tous la même une. La même préoccupation, celle de l’approche des élections. Les grèves s’accentuent avec les changements de gouvernement. Des alliances se créent entre les partis politiques puis se rompent autour d’un épuisant jeu de Je t’aime moi non plus digne d’une mauvaise série Z.

Des personnes de la haute soupçonné de corruption. Encore et toujours. La communauté de Karana qui subit kidnapping sur kidnapping. Encore et toujours.

J’ai déjà oublié le sentiment d’espoir que j’avais entre aperçu pendant l’envolé des lampions la nuit du 25 Juin.

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Puis arrive le 14 Juillet, que je passe, comme à l’accoutumé maintenant, au bal populaire organisé par l’Ambassade de France. L’ambiance est bon enfant.

Et enfin, la grande finale qui scie le peuple en deux à Madagascar. Une supportant la France, une autre qui supporterait n’importe quel pays du moment qu’il joue contre la France… Une scission assez représentative des frustrations de tout un peuple.

La fougue de ses derniers jours se tassant, j’en profite pour reprendre le clavier. Je me sens fatiguée, lessivée par le rythme incessant d’Antananarivo.

Et je compte les jours. Les jours qui me séparent de l’arrivée de mon père à Madagascar. Je pense à ces deux semaines que nous allons partager à travers ce pays que nous aimons tous les deux si fort.

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6 Réponses

  1. mimi

    merci de nous donner des nouvelles de Madagascar….. bon séjour à votre père et profitez !

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  2. MissTexas

    Merci pour ce récit qui présente un pays si méconnu. On sent ton attachement pour cette île qui a l’air si belle et si complexe à la fois…

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