Il y a une semaine, j’étais dans la salle d’embarquement, attendant l’avion qui m’emmènera vers une nouvelle vie. L’écran des départs annonce un retard pour le vol allant à Antananarivo et dehors la nuit est déjà tombée. L’attente est silencieuse.
La fatigue aidant et bercée par l’ambiance calme d’un aéroport en fin de soirée, je laisse mes pensés vagabonder. Les craintes, la nostalgie, l’excitation, tout s’entremêlent dans ma tête provoquant un résultat de sensations indescriptibles. Quelques remises en question osent s’infiltrer parmi ces pensés qui se bousculent. Quelques doutes…
Laisser famille et amis uniquement pour réaliser un rêve ? Etre aux côtés de nos proches, n’est il finalement pas ce qu’il y a le plus important ? Mais surtout, serais-je à la hauteur face à ce nouveau départ ?
Comme on dit, on sait ce que l’on quitte mais on ne sait pas ce que l’on retrouve.

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Pourtant, j’ai l’impression de réaliser qu’à moitié ce que signifie ce départ. Aussi loin que je me rappelle, j’ai toujours aimé me plonger dans les livres et les films, traverser les siècles et les pays grâce aux mots et aux images. Tout était un prétexte pour alimenter mon imagination. Mais voyager à travers les histoires des autres a commencé à ne plus être suffisant. Il fallait que je crée les miennes. J’avais une envie d’un ailleurs, que même mes quelques vacances ne réussissaient pas à combler.
Partir 2-3 semaines, accumuler les visites, profiter de cet instant éphémère, prendre des photos pour tenter de l’immortaliser et les exposer comme des trophées, n’étaient, pour moi, qu’un avant gout du véritable voyage. C’était comme une fine couche qu’il fallait gratter pour aller voir au delà.

Je suis persuadée que pour intégrer une culture, un pays, même partiellement, il faut des mois, voir même des années. De ce fait, il y a les pays que l’on visite et qui finissent par être lister, une jolie et longue liste prouvant quel grand voyageur on est !
Et il y a les pays que l’on découvre, que l’on vit. Ceux qui nous investissent.

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Ma vie tient désormais dans une valise. Pour cela, il m’a fallu apprendre à faire le vide et à se contenter du minimum. Vider une maison, c’est jeter le subtil pour ne garder que l’essentiel, c’est se débarrasser de ces objets que l’on entasse avec une certaine fierté. Cette étape n’a pas été facile et s’est fait progressivement afin de trouver le recul nécessaire à sa réalisation. Maintenant, mes biens se résument à quelques vêtements et à mon ordinateur. Finalement, je n’ai guère besoin de plus.

Aujourd’hui je traverse les rues, regardant encore avec étonnement et curiosité ce qui fera mon quotidien. Un autre monde, une autre culture, une nouvelle langue. On repart à zéro, tout est à reprendre.
On se surprend à aimer d’apprendre de nouveau, réapprendre à marcher, à parler et à avancer dans un monde encore inconnu. On fonce tête baissée vers un avenir encore incertain mais où tout est possible.

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10 Réponses

  1. Cyn - Blog voyages Lifestyle

    j’aime beaucoupt ta façon d’écrire et tous les sentiments qui en ressortent. Oui sauter le pas, surtout pour partir seule n’est jamais facile. Moi c’est en Tanzanie que je suis partie seule pour la premiere fois … et c’est la meilleure décision que j’ai prise 🙂

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    • Charly

      Et partir dans un lieu comme Madagascar ou la Tanzanie pour toi, où la culture locale est très forte, rend parfois les choses encore plus durs. Je vois que ton blog est beaucoup centré sur l’Afrique, c’est tellement rare ça ! Je vais avoir un plaisir à le découvrir ! A bientôt !

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  2. Em

    J’aime beaucoup ta plume, tes mots sont si justes, et parfaitement adaptés à l’état d’esprit dans lequel j’étais l’année dernière lors de la préparation de notre expatriation. Se débarrasser du futile, du matériel, et ne garder que l’essentiel, qui généralement tient facilement dans une valise. Ça a été pour moi l’étape-clé, celle de la concrétisation à venir, celle où on met en marche un nouveau processus de vie, de pensées, et surtout de priorités.
    Je continue ma lecture, ton blog est vraiment super 🙂

    xx

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    • Charly

      Merci pour ce doux commentaire.
      J’ai aussi découvert le tien il n’y a pas longtemps, j’ai beaucoup apprécié te lire. Je continuerai à te suivre avec un grand plaisir.

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  3. OLIVIER

    J’ai l’impression d’avoir lu ce que je ressens depuis des années. Le grand saut n’est pas fait, c’est compliqué, il y a les obligations familiales; mais là, les conditions se mettent en place et je pourrais bien faire le même choix dans quelques mois.
    BRAVO pour ces mots qui expriment bien cette volonté de vivre, de VIVRE vraiment !!!

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    • Charly

      A première vu, ça semble facile de tout quitter mais c’est sur que c’est loin de l’être. Pourtant, avec beaucoup de volonté et d’efforts, on peut voir notre rêve se réaliser.
      J’espère que tu pourras faire le grand saut. As tu un pays en perceptive ?

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  4. Nath'

    Hello,
    Je découvre ton blog : quelle claque cet article ! Magnifique projet de vie ! Et Madagascar est un pays tellement attachant, tellement riche qu’une seule vie ne suffirait pas pour le connaître.

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    • Charly

      Oui ! C’est exactement ça. J’avais déjà fait deux voyages à Madagascar auparavant et j’en voulais toujours plus. Le résultat est là ! =)
      Merci pour ton commentaire !

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  5. Vaissaud Patrick

    Ok, ouah!… Je rattrape mon retard sur tes articles que je découvre.
    Celui-là, c’est quelque chose.
    Je viens de le lire 3 fois de suite… Quelles émotions.
    Ben oui, mets toi à ma place.
    La richesse des gens ne tient pas ni dans une valise, ni dans un coffre, ni dans la puissance de ta voiture,… Non la richesse se trouve ailleurs. Dans les valeurs, dans la capacité au recul et à la conscience, au courage de la cohérence et de l’action.
    Tu pars alors milliardaire. Ne t’en fais pas, ce que tu sèmes avec ce site sera ton plus beau trésor. Tu marques ton passage dans cette vie, avec sensibilité et intelligence… Quand tu sera très vieille, tes petits enfants pourront te connaitre comme jamais. Tu dessines avec ces articles les contours de ta vie, la profondeur de ton esprit… Quand les autres auront tout oublié, tu continueras à livrer tes expériences et tu distribueras aux tiens cette richesses que tu as en toi. Bisous

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    • Charly

      Je ne sais même pas quoi répondre à ces mots pour réussir d’être à la hauteur.
      Merci pour ce beau commentaire.

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