Il n’est pas loin de minuit, je sors du boulot à la recherche d’un taxi. « Il faut te trouver un chauffeur de taxi habituel ! » Me conseillaient mes collègues. A cette heure ci, tout est toujours une question de sécurité. Pourtant, aux premiers abords aucun chauffeur de taxi ne m’attirait une particulière sympathie, ma peau blanche leur inspirant toujours des tarifs exorbitant. Jusqu’à cette nuit.

Un chauffeur m’interpelle. On négocie un peu la course histoire de jouer le jeu jusqu’à atteindre un tarif raisonnable et j’embarque dans sa voiture. C’était il y a 6 mois de cela. Depuis, il est devenu mon « taxi habituel », Doda.

Au fil du temps et des courses, nos discussions polies et professionnelles changent petit à petit en des discussions agréables, plus amicales.
Et quand le Fil Rouge, un site publiant des articles du monde, m’a contacté pour écrire sur Madagascar, ils m’ont parlé d’une de leur rubrique »Portrait ». Une fraction de seconde plus tard, l’idée s’est imposée à elle même. Je ferais le portrait de Doda.
Quelques jours plus tard, je lui partage cette idée et il semble très emballé par le projet. On convient d’un rendez-vous peu de temps après.

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Devant nous, tout Tana s’expose à nous. Doda m’a emmené dans la haute ville, pas loin du Rova et s’est garé sur une place où nous serions tranquille. L’endroit est calme et Doda m’explique qu’ici c’était un lieux d’exécution à l’époque. On s’installe dans la voiture, les portes ouvertes et je sors mon petit calepin. Doda joue le jeu avec plaisir et il se livre.

Il me parle de sa famille, du divorce de ses parents. Il me raconte le courage et l’amour de sa mère qui doit élever ses 4 enfants seules en plus de son rôle d’institutrice. Il me raconte comment elle leur a enseigné le gout de la curiosité, de la culture, de la lecture. Il dit avoir voulu continuer ses études dans l’aéronautique mais qu’il était finalement contraint d’arrêté ses études pour payer la scolarité de ses deux frères. Il parle beaucoup, bien plus que je ne le raconterai sur le Fil Rouge et même ici. Parfois je peine de tout écrire mais je n’ose pas l’arrêter ou l’interrompre.

Puis j’oriente la discussion sur son métier. Il me raconte la coïncidence qui l’a poussé sur ce boulot et ses premières années en tant que taxi clandestin. Puis il me tend son brevet qui lui a permit de devenir officiellement chauffeur de taxi, 2 ans plus tard et me demande de le prendre en photo.
Il continue ainsi, parlant des difficultés de son travail, de l’insécurité, des difficultés de vie à Antananarivo tout simplement. Malgré tout cela, il reste toujours optimiste et est très reconnaissant pour tout ce que ce travail a pu lui apporter. Il dit et me répète: « A mon taxi, je lui dois tout ».

Une fois toutes les infos nécessaires pour mon portrait recueilli, nous prenons quelques photos et nous reprenons la route pour rentrer. Sur le chemin, il continue à me parler de sa famille.

L’article sort quelques semaines plus tard, je lui partage le lien, un peu angoissée par son retour. « C’est parfait ! » furent ses premiers mots.

Pour lire le portrait complet de Doda, c’est ici.

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4 Réponses

  1. Tee

    Bonjour,
    J’ai découvert votre blog un peu par hasard en cherchant des informations sur le train FCE puis j’ai lu votre super article sur le complexe du sauveur blanc qui explique bien ce que beaucoup essaient d’expliquer mais que d’autres ont tant de mal à entendre… et à partir de ce moment j’ai littéralement « dévoré » votre blog.
    Encore une fois je tombe sur un article intéressant et émouvant avec le portrait de Doda.
    Concernant le pillage de tombes souvent c’est l’occasion pour les voleurs de s’emparer des biens matériel qui se trouvent dans les tombeaux (argent, lambas de soie ou de gde qualité, bijoux etc.) plus que de s’adonner à un traffic d’os.
    Continuez à écrire c’est un vrai plaisir de vous lire.

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    • Charly

      Bonjour,
      Je vous remercie pour ce commentaire qui me touche beaucoup.
      Concernant les pillages de tombes, il y a comme un mystère qui s’installe autour des raisons et cela crée des véritables légendes et histoires. Chacun a son avis sur le sujet. Peut être que la vérité se cache un peu derrière chaque version.
      En tout cas, je vous remercie une nouvelle fois pour votre retour,
      A bientôt

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    • Charly

      Oui c’est bien la question qui se pose ici. J’ai beaucoup été intrigué quand Doda m’a raconté son histoire. Je continue à me renseigner un peu et je pense que je reviendrais sur ce sujet bientot.

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