Il y a bien longtemps que je n’ai pas présenté un Portrait d’enfant et pour le retour de cette rubrique, je reviens avec pas n’importe quels petits bouts. J’en ai déjà parlé à maintes reprises, depuis 2 ans, je travaillais dans un petit village de brousse dans la région du Menabe. Deux ans, c’est bien plus qu’il n’en faut pour s’attacher à ses jeunes voisins.

La première année, j’ai d’abord rencontré les 4 frères et soeurs, Tenay, Vonjy, Ambinintsoa et Fitahiantsoa avant l’arrivée de la petite dernière Liantsoa dont je vous déjà parlé dans mon premier Madagascar au quotidien.
Puis à la 2ème année, se sont installés Kazily et sa soeur Pona. Une joyeuse petite bande qui ont fait mon quotidien des mois durant.

enfant_village_madagascar_journal_evasion06enfant_village_madagascar_journal_evasion02

Les premières semaines ont été un peu difficiles, ils restaient craintifs à mon égard, les jeunes, un peu plus que leurs ainés. Un petit « salama » de loin, rien de plus. Puis finalement, le temps aidant, nous avons appris à nous connaitre et à nous faire confiance.
J’ai passé une bonne partie de mon temps libre avec eux, m’attachant chaque jour un peu plus.

Il y a eu ces longues séances photos, toujours à leur demande, qui pouvaient durer une éternité. Chacun avait son idée de la pose à prendre, de la danse qu’il fallait filmer. Puis, ils regardaient le résultat, curieux. Souvent, ils éclataient de rire, satisfaits ou alors, un peu plus contrariés, ils demandaient à ce qu’on en refasse une autre.
Des instants de vie que je finissais par partager systématiquement avec leurs parents qui partaient en fou rire devant les résultats.

enfant_village_madagascar_journal_evasion03enfant_village_madagascar_journal_evasion05

Il y avait aussi mes lunettes de soleil, grand objet de convoitise. Chacun réclamant de les avoir sur le nez pendant un instant. Le dernier mot venait souvent du plus âgé, Vonjy qui, arrivant par derrière, s’en emparait avant de partir en courant. Je regardais partir mes lunettes avec la sensation que plus jamais je ne les reverrais pourtant à chaque fois, elles me sont revenues en parfait état.

La barrière de la langue fut vite oubliée et on trouvait toujours un moyen de se comprendre. De temps en temps, il arrivait qu’on se donne des cours de langue mutuellement. On se désignait un objet ou un animal, ils me l’apprenaient en malgache et moi, je leur apprenais le français. Échange de bons procédés.

Je laissais chez moi, sur une étagère, un petit carnet, des feuilles blanches et des crayons de couleur. Ils savaient où les trouver et de temps en temps, ils venaient envahir mon sol, éparpillant leurs feuilles et ils dessinaient dans un grand silence.

enfant_village_madagascar_journal_evasion07enfant_village_madagascar_journal_evasion01

Et c’est ainsi que des mois se sont écoulés au rythme de leurs cris, de leurs pleurs et de leurs rires.

A propos de l'auteur

2 Réponses

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.