A Madagascar, impossible d’ignorer la pauvreté extrême qui sévit. Beaucoup en parle, la dénonce, mais quand le père Pedro a vu ses familles vivant à l’intérieur même des décharges, il n’a pas pu se contenter de discours, il a fait bien plus, il a agit. Après un long combat, qu’il mène encore aujourd’hui, il a convaincu des familles en extrême précarité de se battre avec lui et ensemble ils ont construit une vie meilleure.

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Et c’est à deux pas des décharges que je découvre un véritable village avec ses  maisons, ses rues propres, son école, ses magasins et même un stade de foot. Un village d’Akamasoa, fruit d’un immense travail et d’une grande détermination. Inévitablement, la pauvreté saute aux yeux mais ici pas questions de mendicité ou de vol, tu es accueilli par des sourires et de la gentillesse. Car le père Pedro ne se contente pas de les sortir de la pauvreté mais il les aide également à retrouver de l’espoir, du courage et de la dignité. Si aujourd’hui, ils ont un travail rémunéré, un accès aux soins et à la scolarité c’est grâce aux efforts de chacun d’entre eux, ici, tout le monde pose sa pierre à l’édifice. On a du mal à s’imaginer que 25 ans plus tôt, tout ça n’existait pas et que tout a pris vie grâce au combat et à la volonté d’un seul homme. Et cet homme, dans son emploi du temps chargé, nous a néanmoins consacré un peu de son temps.

Le stade de foot.

Le stade de foot.

Assis dans une petite salle où sont entassés quelques magasines et livres, ils nous parlent de son combat, de ses espoirs, de ses projets. Je me souviens l’avoir écouté avec attention, que dis-je, d’avoir bu ses paroles, pourtant aujourd’hui j’en ai comme un souvenir flou. Et je serais bien incapable de redire ce qui s’est dit avec précision. Tout ce qui me reste comme souvenir n’est qu’émotions et sensations. Ce que je me souviens à la perfection c’est d’avoir eue les mains un peu moites, le cœur qui tape et cette sensation être minuscule face à cet homme. Je me souviens de son sourire, de son accent d’Amérique latine, de son regard et de ce quelque chose indescriptible qui brille au fond de ses yeux. Je me souviens de son charisme inégalable. Je me souviens à quel point il avait l’air immense à côté des jeunes enfants malgaches. Je me souviens d’avoir eu l’impression qu’il débordait d’amour et d’espoir et que rien ne le découragerait. Je me souviens d’avoir rencontré un homme qui malgré tout ce qu’il a entrepris, a su rester simple.

L’entrevue finie, on sort dans la rue, il appelle quelques enfants qui n’étaient pas loin pour se joindre à nous, l’occasion pour prendre une petite photo, comme une preuve que tout cela s’est bel et bien passé.

 

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