Hello les moussaillons !

Aujourd’hui, on prend Coco sur l’épaule et on fait le plein de poudre à canon car mon récent voyage sur l’île de Sainte-Marie, m’a directement embarqué dans l’air de la piraterie.
Découvrir une région est une opportunité excellente pour se projeter des années auparavant et rattraper les heures de rêveries pendant nos anciens cours d’histoire. Il y a quelques temps, j’avais profité de mon séjour dans le sud ouest de la France pour partir sur les traces des cathares, mais nos mécréants du jour sont bien plus folkloriques.

Forcément, la grande historienne que je suis a du revoir un peu ses acquis et se rendre à l’évidence, la piraterie ne se résume pas au charisme de Johnny Depp. Une petite leçon d’histoire s’est imposée. J’ai été projeté direct dans les années 1660 quand Louis XV crée la Compagnie des Indes Orientales. Les navires, plein de richesse, empruntaient deux voies maritimes non loin de l’île de Sainte Marie. Et là, on rejoint l’imaginaire collectif et on s’accorde à dire qu’il n’en faut pas plus pour que les pirates, sentant les richesses, soient attirés par ce commerce florissant. L’île devint alors un repère idéal pour ces brigands des mers et notamment sa petite île aux Forbans qui offrait une position parfaite de refuge.

L'île aux forbans, Sainte Marie, Madagascar

L’île aux forbans, Sainte-Marie, Madagascar.

Je passe les détails qui peuvent rapidement être barbants pour les non férus d’histoire et l’île a vu ainsi passé une bonne centaine de pirates dont Thomas Tew et son étendard plein de finesse « We are ready to kill you« , John Avery et le fameux William Kidd. Pour l’anecdote, avant de devenir une légende, Kidd était envoyé par la reine d’Angleterre en personne en tant que corsaire pour éliminer la piraterie dans la région. Mais il finira par se convertir lui même en pirate, ce qui lui valu son arrestation, puis son exécution, moins de 5 ans plus tard. Dommage.
Chez les frenchies, on peut parler notamment d’Olivier Vasseur, plus connu sous le nom de la Buse, qui posa ses valises à Saint Marie en 1724. Peu de temps après, les pirates quittent doucement l’île et en 1730, les historiens estiment que la piraterie à Sainte Marie a complètement disparue.

Aujourd’hui encore, l’île de Sainte Marie garde des marques de cette période. On dit que dans la baie d’Ambodifotatra se trouveraient encore au fond de l’eau des vaisseaux pirates, parmi lesquels l’Adventure Galley qui n’est pas moins que le navire de William Kidd qu’il aurait lui même saboté. Mieux encore ! Il y a seulement quelques mois un explorateur trouve un lingot d’argent dans l’épave qui fut identifié comme une partie du trésor de Kidd.

 

Cimetière de pirates, Sainte Marie, Madagascar

Cimetière de pirates, Sainte Marie, Madagascar

L’île de Sainte Marie abrite également un cimetière ouvert au public communément appelé « le cimetière de pirates« . Titre glorieux et fichtrement bien trouvé pour attirer des curieux naïfs prêt à payer un prix exorbitant pour du vent. Un peu comme moi, enfaite.
On se retrouve devant de vielles tombes aux gravures effacées et un pseudo-mémorial sans plaque apparemment en hommage à William Kidd. Au milieu de tout ça une tombe serait celle d’une femme de pirate et c’est sans parler de la fameuse tombe ! Présentée comme l’unique tombe de pirate, elle est, bien évidement, la seule dans un état correct avec une gravure nette, qui fait apparaitre le célèbre symbole pirate, quoique légèrement modifié.
Le guide nous dit qu’ici gît le trèèès célèbre pirate Joseph Pierre Lechartier, la preuve étant ce crâne et ses deux tibias croisés. Mais le terrifiant symbole pirate semble presque tournée à l’ironie avec le sourire béat du crâne. C’est alors qu’un mélange de déception et surtout de doute commence à naître dans l’esprit du touristo-naïf qui se rend doucement compte qu’il s’est surement fait avoir. Sacrebleu !
Bon. Soit. Joseph Pierre Lechartier, « célèbre » pirate né en France en 1788 et mort à Saint Marie en 1834.
Et c’est là que, si vous m’avez bien suivi, vous aussi auriez du voir une sacrée couille dans le potage. La piraterie n’a t’elle pas quitté l’île des dizaines d’années auparavant ?
Face à un doute comme celui là, je me tourne évidement vers mon ami Google tapant le nom de ce soit-disant pirate, qui plus est, soit disant célèbre. Ma recherche n’aboutit à rien. Un fait en ressort tout de même, notre célèbre pirate n’est peut être pas si célèbre que ça. Quant à ses actions dans la piraterie, le mystère subsiste encore.
Véritable pirate ou attrape touriste ?

Tuk-tuk à Sainte Marie, Madagascar

Tuk-tuk à Sainte Marie, Madagascar

Reconnaissant néanmoins la force de cette partie de son histoire, l’île de Sainte Marie l’utilise à toutes les sauces jusqu’à essoufflement. Des visites sont organisées pour marcher dans leurs pas comme le cimetière de pirate ou même l’île aux Forbans. Mais au delà de tout ça, il y a la discothèque-pirate, le restaurant-pirate, le pub-pirate, les hôtels-pirates et même un tuk-tuk-pirate ! Oui mon cap’tain !
De quoi se mettre dans l’ambiance sans aucun mal.

 

Infos pratiques:
Lors de mon voyage à Sainte Marie, en décembre 2015, l’entrée du cimetière était de 12 000 ar par personne (soit 3.50 €) et la visite de l’île aux Forbans en pirogue est de 30 000 ar pour un couple (soit 9€).

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4 Réponses

  1. Marie Kléber

    De quoi réjouir les amateurs de « pirates »! Les photos sont splendides, l’histoire des lieux telle que tu la racontes, intéressante.
    Belle et douce année 2016 Charly!

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  2. Augoyard colette

    merci pour ton regard lucide sur ce que tu vois et qui garde son émerveillement sur cela , moi j’ai de nouveau visité St marie dis moi combien de ar pour cette visite ?

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    • Charly

      Pour le cimetière de pirate ?
      Ils affichent à l’entrée un prix de 2 000ar. Puis ils t’informent que le guide est obligatoire et qu’il coute 10 000ar par personne. En gros, de 2000ar/pers on passe à 12000ar/pers.

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