Vivre en brousse, hum. A première vue, tout cela sonne bien exotique. La chaleur, la simplicité, de quoi se retrouver et se ressourcer… Oui oui, tout ça c’est bien beau mais en vrai, ça donne quoi ?

Dans la réalité, il y a quelques règles de survie à ne pas manquer. Pourtant, aujourd’hui, je me suis levée avec un esprit de contradiction. Le même qui anime toutes les couches-culottes quand les parents disent un « non » catégorique. Celui de faire exactement l’inverse de ce qu’on te recommande, juste comme ça, par plaisir de contredire. Comme une envie de se libérer d’une règle que tu sais pourtant pour ton bien.

Je regarde autour de moi, cherchant alors un défi de taille. Mon regard se pose sur mes chaussures, l’idée s’impose d’elle même: marcher pied nu ! J’arrache une bande de mon tee short rouge et le noue autour de ma tête, tel Rambo devant ses adversaires. Pour faire la guerre, il faut devenir la guerre ! J’essaie de rouler des pectoraux sans grand succès.
Devant moi, sable et terre rouge m’apparaissent comme un vaste champ miné. J’avance d’un premier pas, regard hésitant sur le sol, puis un deuxième. Guettant et préméditant avec soin où mon pied devra se poser.

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Je remarque la chenille correctement armée non loin de là. Ton jaune est beaucoup trop voyant cocotte, je t’ai repéré, tu ne m’auras pas. Je continue ainsi ma progression avec prudence. J’évite les coins d’ombres où mon regard gêné par l’obscurité ne saurait repéré un danger à temps. Je regarde d’un œil méfiant le sable, je pèse le pour et le contre et je calcule la probabilité de chance que mon ennemi soit tapis dedans.
Restons une aventurière raisonnable, préférons les pierres ou les surfaces lisses, beaucoup moins trompeuses. J’avance ainsi pas à pas. J’ose un coup d’œil en arrière: mes chaussures sont là, gisant au sol, leur tourner le dos sonne comme une victoire.
Mes pieds jouissent d’une liberté depuis trop longtemps privée, caressant le sol réchauffé par le blondin du ciel.

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Mes yeux balayent le sol. Mon corps tout entier est tiraillé entre le plaisir du contact avec le sable et la crainte de tester le dard d’une quelconque bête.  Je profite de cet instant, laissant mon esprit vagabonder. Puis je repense à la source même de toute cette crainte et à cette simple pensée, je sens cet esprit de contradiction se liquéfier doucement.
Saloperie de scorpion, insecte vil et mesquin !

Et puis, entre nous, j’ai toujours préféré voir un scorpion dans un bon vieux western plutôt que de tester de moi même d’efficacité de son venin dans la plante des pieds.
Je laisse tomber mon bandeau rouge par terre et cours remettre mes chaussures. De toute manière Rambo c’est un truc de mec.

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6 Réponses

  1. Elise

    « De toute manière Rambo c’est un truc de mec » Ah ah 😉
    Mec ou pas je suis certaine que quand il se fait piquer par une bestiole bizarre et hurle encore plus 😉

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  2. Adeline

    Ahah pour avoir rencontrer un scorpion alors que je portais des claquettes dans la forêt d’Ifaty je comprends le feeling, j’ai pas fait ma maline !

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    • Charly

      Il y en avait vraiment beaucoup là où j’étais. Alors oui, on dit qu’ils ne sont pas mortels, mais j’en ai vu quelques uns se faire piquer, c’était loin d’être une partie de plaisir pour eux (et ils portaient des claquettes en plus) !

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