Dans un premier temps, le voyageur part pour découvrir et voir de nouveaux horizon. Et pourtant, ce qu’il ramène va bien plus loin que quelques photos stockées dans sa carte mémoire.
Voyager, c’est accepter de quitter son nid, c’est abandonné un cocon rassurant pour un inconnu. Et quand je parle de voyage, j’entends bien par là, le voyage que l’on fait en dehors de tous ces séjours déjà organisés par un agence qui vous assure, par défaut, un certain confort.
Parce que, dans un deuxième temps, voyager c’est accepter d’apprendre.

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 Le réveil
Chaque voyageur arrive dans un pays avec sa propre langue, ses coutumes et ses habitudes sur lesquelles il base sa normalité. Un cocon sécuritaire formée par la société dans laquelle il vit. Mais à chaque voyage, le décor change. Les repères se voient bousculés, les bases si sécurisantes ne sont plus là. Et pour rester debout, il n’a pas le choix de s’adapter au plus vite. Car voyager c’est se libérer de ses formalités pour pouvoir en accepter de nouvelles. Que ça soit par curiosité ou par nécessité, le voyageur doit s’ouvrir à l’inconnu, essayer de le connaitre et surtout de le comprendre. Et pour y parvenir il doit développer une réelle capacité de flexibilité et d’adaptation. Il faut passer la barrière de la langue et de la culture, il faut agir en fonction de ses moyens et ses possibilités, s’appuyer sur ses qualités et travailler ses défauts.
Doucement, il développe une capacité d’adaptation et une véritable ouverture d’esprit.

Oublier la peur de l’inconnu.
En s’intéressant et surtout en acceptant la coutume d’autrui et son histoire, le voyageur va doucement accéder à plus de compréhension de l’autre et des différences. Il se confronte à d’autres qualités de vie, et petit à petit il commence à prendre du recul sur sa propre condition. Sa manière de penser change progressivement. Il connait alors la compassion, la reconnaissance et la tolérance.
Car le voyageur va vivre l’ailleurs au delà des livres et des reportages, il comprend que l’image qu’il s’était fait du pays est surement erroné, surement trop embellie. Il apprend vite que la réalité est bien plus complexe qu’il ne le pensait.
Car, oui, la vie du voyageur n’est pas fait uniquement d’instants magiques, il va rencontrer des difficultés, des obstacles et des injustices. Il va traverser des périodes de doutes et de craintes où il devra se remettre en question et parfois passer par une étape de renoncement pour pouvoir avancer de nouveau.

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Tout quitter pour recréer.
Et puis il y a celui qui voyage sur le long terme. Il laisse tout derrière lui, tournant le dos à une vie passée pour en embrasser une autre. Un acte, pourtant si simple à première vu, qui demande un certains nombres de sacrifices personnelles. C’est quitter famille et amis, c’est se débarrasser de tout le matériel qu’il a eu tellement de mal à amasser. Un vide important doit être réalisé, nécessitant pour le voyageur un gros travail sur lui même.
Il se retrouve alors dans un lieu étranger ou tout est à refaire, ou tout peut être possible, lui offrant une liberté pour lui de s’écouter et de se dévoiler enfin.

Le voyageur apprend au fil des paysages et des rencontres, sans même s’en rendre compte. Puis un jour le voyageur rentre chez lui, retrouve le confort si précieux autrefois. Pourtant, plus rien n’est comme avant, quelque chose a changé. Et doucement il se rend compte que ce n’est pas son quotidien d’antan qui a changé mais bien lui. Il a appris.

 

PS: Toutes les photos ont été prises à Madagascar.

A propos de l'auteur

6 Réponses

  1. razafinjato emmanuelle

    vos récits de voyages, de rencontres, tout en simplicité sont de vrai petits bonheurs à lire, à partager, plein d’humanité! et puis, vous avez une très belle plume, cela me donne vraiment envie d’écrire aussi! Continuez!!! et merci de ce beau partage à travers votre blog!

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  2. Augoyard colette dite mamy

    Accepter les différences, encore plus s’en nourrir s’enrichir pourquoi la plus part des gens ne comprennent pas? Toi tu as fait ton choix, vis le pleinement,regarde devant……sais tu que tu m’épates! Continues.

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  3. Vaissaud Patrick

    La force réside toujours dans la capacité à apprendre, à comprendre, à mettre les choses en perspectives, à les ressentir et à en tirer un enseignement. Ce n’est pas suffisant. Il faut savoir s’approprier cet enseignement pour en faire quelque chose pour soi-même, une richesse puisée d’ailleurs, une valeur, une ouverture d’esprit, une manière de voir ce monde. Les kilomètres, les voyages, ce qui est derrière l’horizon ne sont que des opportunités supplémentaires à cet apprentissage. Cette capacité à chercher derrière les apparences, les lieux communs, les idées convenues, tu les as en toi depuis longtemps. Je le sais. Ce que tu vis, aujourd’hui, sublime cette qualité si rare: être dans la réalité de ce monde avec un travail assumé, avec un investissement personnel conséquent, avec des responsabilités et à la fois avec ce recul sur ton environnement et sur les autres pour en faire vraiment quelque chose en toi. Tes articles en sont une preuve très agréable.

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