Un jour, un français de passage à Madagascar, me demande:
– C’est quoi un zébu ? Un poisson ?
Je mets quelques secondes à lui répondre, un peu interloqué par sa question.
– Non, Monsieur, c’est un bovin.

Après ces quelques années plongée dans la culture malgache aurais-je oublié que de l’autre côté du globe, le zébu n’est pas un animal que l’on a l’habitude de croiser dans un champs et qu’il est possible, par conséquent de ne pas savoir ce que c’est ?
Mais quand même… Du moment que l’on met les pieds à Madagascar, ne pas savoir ce qu’est un zébu c’est comme arriver en France sans jamais avoir entendu parlé de la tour Eiffel.
Il faut dire qu’ici le zébu, c’est bien plus qu’un bovin, c’est le pilier de tout une culture.

Le Zébu, un outil de travail.

Comme chez nous, nous utilisions à l’époque les chevaux, ici, ce sont aux zébus à qui l’on donne les besognes. Et encore aujourd’hui, communément utilisé comme moyen de transport, les zébus sont plutôt efficaces pour tirer les charrettes. Notamment à la campagne, où il est financièrement difficile de s’acheter un véhicule adapté, les zébus permettent le transport de divers d’hommes et de marchandises. D’autant plus qu’à certains endroits difficilement accessibles, la charrette à zébu reste le seul moyen capable d’affronter une piste des plus capricieuses.
Mais encore plus de ça, les zébus sont indispensables aux travaux dans les rizières que ça soit pour le  labour du champs jusqu’au piétinage.

Le "piétinage" des rizières

Le « piétinage » des rizières

Le zébu, au cœur des cérémonies.

Dans de nombreuses cérémonies, le zébu tient  un rôle centrale, aussi bien pour les mariages que pour les enterrements.
Lors d’un décès, la famille se doit de sacrifier un, ou plusieurs zébus, selon leurs moyens. Le ciel leur a pris un de leur, en échange, ils prennent un zébu. Le sang, contre le sang, comme un lien entre la terre et les ancêtres.
Mais pour le mariage, c’est tout une autre histoire. Dans certaines régions, l’homme doit offrir un zébu à sa belle famille afin que celle ci accepte l’union. Parfois même, il doit même aller voler le zébu, vu comme un véritable signe de virilité. Et si en plus, il se retrouve en prison pour ce vol, meilleur sera son image auprès de la famille de sa futur femme.
Au moins, il a su prouver qu’il est un homme, un vrai !

Le zébu, signe de richesse.

Mais le zébu, surtout en campagne, est un signe de richesse et de pouvoir. Plus une famille possède de zébu, plus sa notoriété et son rang social sera élevé.
Si je peux me permettre la comparaison, le troupeau est un peu comme un compte en banque. L’argent économisé est dépensé dans l’achat d’un zébu, comme un moyen plus aisé de garder et d’investir ses économies. Ce troupeau représentera donc l’intégralité de la richesse d’une famille et sera ensuite l’héritable des générations à suivre.

Le zébu, en filet.

Bien évidement, comme tout bon bovidé, le zébu se mange et représente, par conséquent, la base de nombreux plats de la gastronomie malgache. Cette commercialisation de la viande devient de plus en plus importante entrainant, aujourd’hui, la formation de trafics illégaux et malheureusement, bien trop souvent sanglant…

Le marché de zébus à Ambalavao

Le marché de zébus à Ambalavao

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